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Des milliers de cryptomonnaies sont créées en 2020

En 2020, le marché crypto a changé d’échelle : non seulement le nombre de détenteurs a progressé, mais la création de nouveaux jetons a explosé. Derrière cette avalanche de lancements, il y a une mécanique technique simple, une chasse au rendement et un afflux de capitaux inédit.

Des milliers de cryptomonnaies sont créées en 2020

Des milliers de cryptomonnaies sont créées en 2020

L'essentiel

  • En 2020, la création de cryptomonnaies s’est accélérée parce qu’il est devenu beaucoup plus simple de lancer un jeton sur une blockchain existante, surtout Ethereum.
  • Cette multiplication reflète moins une explosion de projets réellement innovants qu’une combinaison de spéculation, de recherche de rendement et de levées de fonds rapides.
  • Pour l’investisseur, le sujet n’est pas seulement le nombre de cryptos, mais la qualité de leur usage, de leur distribution et de leur liquidité.
  • Les projets les plus crédibles se distinguent par une utilité claire, une équipe identifiable, une économie de jeton lisible et des audits de sécurité sérieux.
  • En 2020, le marché a commencé à trier plus vite : beaucoup de lancements ont disparu, tandis que quelques protocoles ont imposé de nouveaux standards.

Pourquoi 2020 a fait exploser la création de cryptos

En 2020, le marché des cryptoactifs a changé de dimension. Le nombre de détenteurs a progressé, les volumes d’investissement ont augmenté et, dans le même temps, des milliers de nouvelles cryptomonnaies sont apparues sur le marché. Cette multiplication n’est pas un détail statistique : elle raconte une transformation profonde de l’écosystème.

À ce moment-là, le mot “cryptomonnaie” recouvre déjà deux réalités différentes. D’un côté, il y a les blockchains nativement monétaires, comme Bitcoin. De l’autre, il y a les jetons créés sur des réseaux existants, souvent via Ethereum. Dans le langage courant, tout finit dans le même panier, mais techniquement, la différence est énorme.

Le véritable basculement de 2020, c’est que l’émission de nouveaux actifs numériques est devenue presque industrielle. Il n’était plus nécessaire de construire une blockchain complète, de réunir une base de mineurs ou de faire accepter un nouveau protocole à toute une communauté. Il suffisait souvent de déployer un contrat intelligent, de rédiger un livre blanc, puis d’ouvrir la porte aux investisseurs.

+300 % c’est l’ordre de grandeur de la hausse du bitcoin sur l’année 2020, un signal qui a attiré capitaux, spéculateurs et entrepreneurs vers l’ensemble du marché crypto.

Ce mouvement a été nourri par un contexte macroéconomique exceptionnel : taux très bas, incertitude liée à la pandémie, appétit pour le rendement et recherche d’actifs alternatifs. Quand les placements traditionnels rémunèrent peu, les capitaux se déplacent plus volontiers vers des marchés promettant une hausse rapide. Les cryptos, avec leur volatilité extrême, deviennent alors un terrain d’expression idéal pour les investisseurs les plus agressifs.

Ce qui a rendu le lancement si facile

Si des milliers de cryptomonnaies ont vu le jour en 2020, ce n’est pas seulement parce qu’il y avait de l’argent à gagner. C’est aussi parce que la barrière technique à l’entrée a fortement baissé. L’écosystème avait déjà préparé le terrain depuis plusieurs années, et 2020 a servi d’accélérateur.

Créer un token est devenu simple et peu coûteux

Sur Ethereum, lancer un jeton standardisé ne demande pas de repartir de zéro. Les standards comme ERC-20 ont fourni un cadre commun : même structure, même logique de transfert, intégration plus simple dans les portefeuilles et les places de marché. En pratique, cela signifie qu’un projet peut exister rapidement, parfois en quelques jours, là où une nouvelle blockchain exigerait des mois de développement et de tests.

Ce point change tout. Une cryptomonnaie au sens large peut désormais être créée sans inventer une nouvelle infrastructure. On ne “crée” plus seulement une monnaie : on émet un actif programmable, souvent adossé à une promesse d’usage, de gouvernance ou de rendement.

La DeFi a ouvert un nouveau terrain de jeu

2020 a aussi été l’année de l’explosion de la finance décentralisée (DeFi). Les protocoles d’échange, de prêt, de liquidité ou de gouvernance ont multiplié les incitations à créer de nouveaux tokens. Récompenser les utilisateurs avec un jeton natif est devenu un outil marketing et financier à part entière.

Cette logique a produit un cercle autoalimenté : plus un protocole attire de liquidité, plus son jeton prend de la valeur ; plus le jeton prend de la valeur, plus le projet peut financer sa croissance ou attirer de nouveaux utilisateurs. Le phénomène a provoqué une vague de lancements, parfois portés par de vraies innovations, parfois par une simple course à la captation de capitaux.

La spéculation a fait le reste

Quand les grands actifs montent, les investisseurs cherchent les segments les plus “profonds” en potentiel. Beaucoup se disent qu’acheter tôt un petit jeton pourrait offrir un multiplicateur bien supérieur à celui du bitcoin ou de l’ether. Résultat : la demande pour les nouveaux projets augmente, et avec elle l’incitation à en lancer toujours davantage.

Le paradoxe de 2020, c’est que plus il était facile de créer une crypto, plus il devenait difficile de savoir lesquelles méritaient réellement l’attention.

Ce n’est pas un hasard si cette période a vu se multiplier les projets communautaires, les airdrops, les programmes de liquidité et les listings express. Le marché récompensait la nouveauté, même lorsque la proposition de valeur restait floue.

Ce que cela change pour les investisseurs

Pour un investisseur, l’abondance de cryptomonnaies nouvelles est à la fois une opportunité et un piège. Opportunité, parce que certains projets captent de vrais usages et se valorisent fortement. Piège, parce que l’offre abondante crée un bruit considérable, avec des actifs sans liquidité, sans équipe crédible ou sans modèle économique durable.

CritèreBitcoin / grands actifs établisNouveau jeton créé en 2020
Lisibilité du projetÉlevée : historique, usage identifié, communauté largeVariable : parfois très claire, souvent encore floue
LiquiditéForte sur les grandes plateformesSouvent faible au départ
VolatilitéImportante, mais plus “installée”Extrême, avec variations rapides et brutales
Risque de disparitionPlus faible pour les actifs majeursÉlevé : nombreux projets disparaissent ou s’essoufflent
Potentiel de haussePlus limité à court termeTrès élevé, mais très incertain
Lecture : plus un actif est récent, plus le potentiel spéculatif peut être fort, mais plus le risque de perte totale augmente.

Dans les faits, 2020 a montré que le marché crypto ne se résume pas à “acheter et attendre”. Il faut distinguer trois catégories :

  • Les actifs de référence, portés par une adoption déjà installée.
  • Les protocoles à usage réel, qui répondent à un besoin clair, comme l’échange, le prêt ou l’infrastructure.
  • Les jetons opportunistes, créés pour profiter d’un cycle haussier, sans base solide.

La difficulté, pour l’investisseur, est de ne pas confondre montée rapide et création de valeur durable. En 2020, cette confusion a coûté cher à de nombreux entrants. Un jeton peut grimper très vite parce qu’il est rare, fortement promu ou soutenu par une communauté active. Cela ne prouve pas qu’il survivra à la fin du cycle.

Comment évaluer une crypto nouvellement créée

Face à l’afflux de nouveaux actifs, l’investisseur doit adopter une méthode simple, presque journalistique : vérifier les faits, recouper les sources et chercher ce qui manque. Une crypto sérieuse ne se juge pas à son marketing, mais à sa structure.

  1. Identifier l’utilité réelle : le projet résout-il un problème concret ou ne fait-il que réécrire une promesse déjà vue ailleurs ?
  2. Analyser l’équipe : les fondateurs sont-ils nommés, expérimentés et crédibles ? Ont-ils déjà livré des produits dans la tech ou la finance ?
  3. Lire la tokenomics : quelle part des jetons revient à l’équipe, aux investisseurs, à la communauté ? Y a-t-il un calendrier de déblocage ?
  4. Vérifier la liquidité : un actif sans volume réel est facile à faire monter, mais très difficile à vendre sans casser le prix.
  5. Contrôler la sécurité : audits externes, code public, historique des incidents et dépendances techniques doivent être examinés.
  6. Observer l’usage : y a-t-il des utilisateurs actifs, des intégrations, des revenus ou seulement une narration séduisante ?

Cette grille est essentielle, car une grande partie des cryptomonnaies créées en 2020 ont reposé sur un principe simple : capter l’attention avant de prouver la valeur. Or, dans un marché saturé, l’attention est rare et fragile. Les projets qui survivent sont ceux qui transforment rapidement l’intérêt spéculatif en usage tangible.

Créer une blockchain ou un jeton : la vraie différence

Beaucoup de nouveaux entrants de 2020 ont confondu deux choses : lancer un actif et bâtir un écosystème. La différence est capitale.

Lancer un jeton sur une blockchain existante

  • Rapide à déployer
  • Coût technique relativement faible
  • Idéal pour un usage applicatif, un programme de gouvernance ou une levée de fonds
  • Dépend fortement de l’infrastructure hôte

Créer une blockchain complète

  • Plus long et plus complexe
  • Coût de développement et de sécurité bien supérieur
  • Requiert une vraie proposition technique et une communauté
  • Permet plus d’indépendance, mais augmente le risque d’échec

En 2020, la plupart des lancements ne relevaient pas de la seconde catégorie. C’est précisément ce qui explique l’ampleur du phénomène : il était plus simple de distribuer un jeton que de construire une infrastructure monétaire neuve.

Ce que 2020 a annoncé pour la suite

L’année 2020 a servi de test grandeur nature. Elle a montré que le marché crypto pouvait absorber une masse importante de nouveaux actifs, mais aussi qu’il savait ensuite les trier brutalement. Beaucoup de projets créés dans l’euphorie n’ont pas franchi le cap des années suivantes.

Ce tri est sain, au sens économique du terme. Un marché qui laisse proliférer trop de projets sans utilité finit par sanctionner le manque de substance. À l’inverse, les protocoles capables d’offrir une fonction utile, une communauté active et une gouvernance crédible s’installent plus durablement.

Autrement dit, la leçon de 2020 n’est pas que “toutes les cryptos montent”. La vraie leçon, c’est qu’une période de création massive attire d’abord l’argent, puis impose la sélection. Les investisseurs qui ont compris cela ont commencé à distinguer l’innovation de façade de l’infrastructure réellement utile.

Cette dynamique a aussi préparé le terrain aux débats sur la régulation, la protection des investisseurs et la transparence des émissions. Quand des milliers de nouveaux jetons arrivent sur le marché en peu de temps, la question n’est plus seulement de savoir s’ils peuvent être créés, mais s’ils doivent l’être, et selon quelles règles.

En 2020, l’écosystème crypto a donc franchi un seuil symbolique : il n’était plus marginal, ni artisanal. Il était devenu un marché de masse, avec ses emballements, ses excès et ses premières maturations. La multiplication des cryptomonnaies n’a pas seulement enrichi le catalogue ; elle a obligé tout le secteur à devenir plus sélectif.

Questions fréquentes

Pourquoi autant de cryptomonnaies ont-elles été créées en 2020 ?

Parce que la création d’un jeton est devenue techniquement très simple sur des blockchains comme Ethereum, et parce que le contexte de marché favorisait la prise de risque. L’essor de la DeFi et la hausse du bitcoin ont aussi attiré capitaux et projets.

Une nouvelle cryptomonnaie est-elle forcément une arnaque ?

Non, mais le risque est bien plus élevé que sur les actifs établis. Certains projets apportent une vraie innovation, tandis que d’autres ne reposent que sur le marketing ou la spéculation.

Quelle est la différence entre une blockchain et un token ?

Une blockchain est l’infrastructure de base, alors qu’un token est souvent un actif émis sur cette infrastructure. Créer un token est beaucoup plus rapide et moins coûteux que lancer une blockchain complète.

Comment savoir si un projet crypto créé en 2020 est sérieux ?

Il faut regarder l’utilité, l’équipe, la distribution des jetons, la liquidité et les audits de sécurité. Un projet sérieux peut expliquer clairement à quoi sert son token et montrer qu’il a déjà des utilisateurs.

Pourquoi le nombre de cryptos ne dit-il pas tout sur le marché ?

Parce que l’important n’est pas le volume de lancements, mais la part des projets qui trouvent une adoption réelle. Des milliers de cryptos peuvent exister, mais seules quelques-unes concentrent la liquidité, l’usage et la confiance.

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