1 novembre 2026 Le média qui relie le web à vos décisions

Arrêt de travail : calcul des indemnités journalières et délai de carence

Entre le délai de carence de la Sécurité sociale et le maintien de salaire par l'employeur, comprendre ce qu'on touche réellement pendant un arrêt de travail relève souvent du casse-tête. Voici comment sont calculées les indemnités journalières, à partir de quand elles sont versées, et ce que l'employeur doit compléter en plus.

Une personne consulte un arrêt de travail et des documents de sécurité sociale à son bureau à domicile

Une personne consulte un arrêt de travail et des documents de sécurité sociale à son bureau à domicile

L'essentiel

  • Le délai de carence de la Sécurité sociale, généralement de trois jours, s'applique à chaque nouvel arrêt de travail sauf en cas de prolongation directe ou de rechute d'une affection de longue durée.
  • Les indemnités journalières sont calculées sur la base du salaire journalier de référence, lui-même issu de la moyenne des salaires bruts des trois derniers mois précédant l'arrêt, dans la limite d'un plafond.
  • L'employeur complète souvent les indemnités de la Sécurité sociale par un maintien de salaire, dont les conditions et le niveau varient fortement selon la convention collective applicable.
  • Le délai de carence de la Sécurité sociale et celui prévu par l'employeur pour le maintien de salaire ne coïncident pas toujours, créant parfois une période sans aucune indemnisation en tout début d'arrêt.
  • Ne pas respecter les heures de sortie autorisées ou omettre d'envoyer l'arrêt dans les délais impartis peut entraîner une suspension ou une réduction des indemnités journalières.

Recevoir un arrêt de travail de son médecin ne dit rien du montant qui sera réellement perçu pendant cette période : entre le délai de carence, le plafonnement du salaire de référence et l'éventuel complément de l'employeur, le calcul final reste souvent flou pour le salarié concerné, au risque de mauvaises surprises sur le compte en banque.

Qu'est-ce que le délai de carence

Le délai de carence désigne la période, en général de trois jours, durant laquelle aucune indemnité journalière n'est versée par la Sécurité sociale au début d'un arrêt de travail. Ce délai s'applique à chaque nouvel arrêt, sauf exceptions précises.

Comment est calculé le salaire journalier de référence

Le montant de l'indemnité journalière repose sur le salaire journalier de référence, calculé à partir de la moyenne des salaires bruts perçus durant les trois derniers mois précédant l'arrêt de travail, ce montant étant ensuite divisé par 91,25 (nombre moyen de jours sur trois mois).

  1. Additionner les salaires bruts des trois derniers mois civils précédant l'arrêt.
  2. Diviser ce total par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de référence brut.
  3. Appliquer un taux, généralement 50 % de ce salaire journalier de référence, pour obtenir l'indemnité journalière de base.
  4. Comparer au plafond en vigueur, le salaire journalier de référence étant lui-même plafonné selon un montant révisé chaque année.

Le montant réel des indemnités journalières versées

En raison du plafonnement du salaire journalier de référence, l'indemnité journalière ne représente jamais 50 % du salaire réel pour les rémunérations les plus élevées, le calcul étant systématiquement borné par ce plafond, quel que soit le salaire effectivement perçu au-delà.

50 % taux de base généralement appliqué au salaire journalier de référence pour calculer l'indemnité journalière

Un salaire élevé ne garantit pas une indemnité journalière proportionnellement élevée : le plafonnement du salaire de référence limite mécaniquement le montant versé au-delà d'un certain seuil.

Le maintien de salaire par l'employeur

Au-delà des indemnités journalières de la Sécurité sociale, de nombreux salariés bénéficient d'un maintien de salaire versé par leur employeur, dont les conditions varient fortement selon la convention collective applicable, l'ancienneté du salarié, et parfois la durée totale de l'arrêt :

Éléments variables selon la convention

  • Le délai de carence propre à l'employeur, parfois différent de celui de la Sécurité sociale.
  • Le pourcentage de salaire maintenu, souvent dégressif après une certaine durée.
  • La durée maximale du maintien, généralement liée à l'ancienneté du salarié.

Éléments généralement communs

  • Une condition d'ancienneté minimale pour bénéficier du maintien.
  • La nécessité de justifier l'arrêt auprès de l'employeur dans les délais impartis.
  • Un calcul basé sur le salaire habituel du salarié avant l'arrêt.

Ce complément vient s'ajouter aux indemnités de la Sécurité sociale sur la fiche de paie du salarié, une combinaison qui explique pourquoi deux salariés en arrêt pour la même durée peuvent percevoir des montants nets très différents selon leur employeur et leur convention collective.

Les cas particuliers qui changent le calcul

Certaines situations modifient sensiblement les règles habituelles de calcul et de carence :

  • Un arrêt lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle ne connaît généralement aucun délai de carence, les indemnités journalières étant versées dès le premier jour suivant l'accident.
  • Une affection de longue durée reconnue peut permettre de dépasser la durée maximale habituelle de versement des indemnités journalières, selon des règles spécifiques.
  • Un arrêt pendant un congé de maternité ou de paternité obéit à des règles de calcul et de versement entièrement distinctes du régime général des arrêts maladie.

Les obligations à respecter pendant l'arrêt

Le versement des indemnités journalières reste conditionné au respect de plusieurs obligations pendant toute la durée de l'arrêt :

  1. Envoyer l'arrêt de travail à la caisse d'assurance maladie et à l'employeur dans le délai imparti, généralement de 48 heures suivant sa délivrance.
  2. Respecter les heures de sortie autorisées mentionnées sur l'arrêt, sauf dispense médicale expresse figurant sur le document.
  3. Ne pas exercer d'activité rémunérée pendant l'arrêt, une activité non déclarée pouvant entraîner la suspension des indemnités et le remboursement des sommes déjà perçues.
  4. Se rendre aux contrôles médicaux éventuellement demandés par la caisse ou par l'employeur, une absence injustifiée pouvant également suspendre le versement.

En résumé, le montant réellement perçu pendant un arrêt de travail dépend d'un calcul en plusieurs étapes, du délai de carence initial au plafonnement du salaire de référence, en passant par l'éventuel maintien de salaire de l'employeur selon la convention collective applicable. Vérifier ces éléments dès le début de l'arrêt évite les mauvaises surprises et permet d'anticiper correctement son budget durant cette période.

Questions fréquentes

Combien de temps dure le délai de carence de la Sécurité sociale ?

Généralement trois jours, durant lesquels aucune indemnité journalière n'est versée. Ce délai s'applique à chaque nouvel arrêt distinct, sauf en cas de prolongation directe ou de rechute d'une affection de longue durée déjà reconnue.

Comment est calculé le montant de l'indemnité journalière ?

Sur la base du salaire journalier de référence, obtenu en divisant la somme des salaires bruts des trois derniers mois par 91,25, puis en appliquant un taux généralement de 50 %, dans la limite d'un plafond révisé chaque année.

L'employeur doit-il toujours compléter les indemnités journalières ?

Cela dépend de la convention collective applicable et de l'ancienneté du salarié. De nombreux employeurs versent un maintien de salaire complémentaire, mais les conditions, le pourcentage et la durée varient fortement d'une convention à l'autre.

Y a-t-il un délai de carence en cas d'accident du travail ?

Non, un arrêt lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle ne connaît généralement aucun délai de carence, les indemnités journalières étant versées dès le premier jour suivant l'accident.

Que risque-t-on en ne respectant pas les heures de sortie pendant un arrêt de travail ?

Le non-respect des heures de sortie autorisées, sauf dispense médicale expresse, peut entraîner une suspension ou une réduction des indemnités journalières, tout comme l'exercice d'une activité rémunérée non déclarée pendant l'arrêt.

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