1 novembre 2026 Le média qui relie le web à vos décisions

Questionnaire de santé assurance emprunteur : droit à l'oubli

Depuis 2022, une grande partie des emprunts immobiliers échappe totalement au questionnaire de santé, et un ancien cancer n'a plus à être déclaré au-delà d'un certain délai. Voici qui est concerné, ce que le droit à l'oubli change concrètement, et comment répondre sans erreur quand le questionnaire reste obligatoire.

Une personne remplit un questionnaire de sante pour une assurance de pret immobilier a son bureau, lumiere naturelle

Une personne remplit un questionnaire de sante pour une assurance de pret immobilier a son bureau, lumiere naturelle

L'essentiel

  • Depuis juin 2022, aucun questionnaire de santé n'est exigé pour un prêt immobilier dont la part assurée par personne ne dépasse pas 200 000 euros et dont le remboursement s'achève avant les 60 ans de l'emprunteur.
  • Le droit à l'oubli permet de ne plus déclarer un ancien cancer ou une hépatite virale C au-delà d'un délai fixé après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute constatée.
  • En dehors de ces deux dispositifs, le questionnaire de santé reste obligatoire et doit être rempli avec une exactitude totale, une fausse déclaration pouvant annuler la garantie au moment où elle devient nécessaire.
  • La convention Aeras encadre l'accès à l'assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque de santé aggravé, au-delà des seuls cas couverts par le droit à l'oubli.
  • Un refus d'assurance ou une surprime jugée excessive peut être contesté via un second examen médical, une voie de recours souvent méconnue des emprunteurs concernés.

Remplir un questionnaire de santé détaillé reste, pour beaucoup d'emprunteurs, une étape redoutée du crédit immobilier, en particulier pour ceux ayant traversé une maladie grave par le passé. Deux évolutions réglementaires récentes ont pourtant considérablement réduit le nombre de personnes réellement concernées par cette formalité, sans que l'information circule toujours clairement auprès du grand public.

L'exonération totale de questionnaire depuis 2022

Depuis juin 2022, un emprunteur n'a plus aucun questionnaire de santé à remplir dès lors que deux conditions sont réunies simultanément :

  • La part du prêt assurée par personne ne dépasse pas un plafond de 200 000 euros.
  • Le remboursement du prêt s'achève avant le 60ᵉ anniversaire de l'emprunteur concerné.

200 000 euros de part assurée par personne, plafond en dessous duquel aucun questionnaire de santé n'est exigé sous condition d'âge de fin de prêt

Le droit à l'oubli pour un ancien cancer ou une hépatite C

Pour les emprunteurs qui dépassent ce plafond ou dont le prêt se termine après 60 ans, un second dispositif s'applique spécifiquement aux anciens cancers et à l'hépatite virale C : le droit à l'oubli. Passé un délai fixé après la fin du protocole thérapeutique, et en l'absence de rechute, ces antécédents n'ont plus à être déclarés dans le questionnaire de santé, quelle que soit la gravité initiale de la maladie.

Le droit à l'oubli ne dispense pas de répondre au questionnaire : il dispense de mentionner cet antécédent précis une fois le délai applicable écoulé.

Ce délai varie selon l'âge auquel le cancer a été diagnostiqué, un traitement survenu durant l'enfance ou l'adolescence bénéficiant généralement d'un délai réduit par rapport à un diagnostic à l'âge adulte. Il convient de vérifier précisément la durée applicable à sa situation, ces délais pouvant être ajustés par la réglementation.

Remplir le questionnaire quand il reste obligatoire

En dehors de ces deux dispositifs, le questionnaire de santé demeure une étape obligatoire de la souscription, et doit être rempli avec une exactitude totale :

  1. Répondre à chaque question sans omission, y compris pour des épisodes de santé anciens ou jugés mineurs par l'emprunteur lui-même.
  2. Joindre les documents médicaux demandés en cas de pathologie déclarée, l'assureur pouvant solliciter des examens complémentaires selon les réponses fournies.
  3. Ne jamais s'appuyer sur les conseils non médicaux d'un intermédiaire pour minimiser une réponse, la responsabilité de l'exactitude des déclarations reposant intégralement sur l'emprunteur signataire.

Cette rigueur déclarative rejoint la logique déjà nécessaire lors du calcul de la capacité d'emprunt immobilier, où chaque élément du dossier, financier comme médical, doit être présenté avec exactitude pour éviter toute remise en cause ultérieure du financement.

La convention Aeras pour un risque de santé aggravé

Pour les emprunteurs présentant un risque de santé aggravé non couvert par le droit à l'oubli (maladie chronique en cours, handicap, antécédent ne répondant pas aux critères du droit à l'oubli), la convention Aeras (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) organise un parcours d'examen spécifique auprès des assureurs, avec des garanties minimales d'instruction et de motivation en cas de refus.

Cette convention ne garantit pas l'obtention automatique d'une assurance, mais encadre le processus d'examen pour éviter un refus arbitraire ou insuffisamment motivé, un filet de sécurité utile pour les profils les plus complexes à assurer.

Les conséquences d'une fausse déclaration de santé

Omettre volontairement une information dans le questionnaire de santé expose à des conséquences potentiellement lourdes, découvertes le plus souvent au pire moment :

  • La nullité du contrat d'assurance, l'assureur pouvant refuser toute prise en charge en cas de sinistre lié, même indirectement, à l'information omise.
  • Un remboursement à la charge de l'emprunteur ou de ses héritiers, en cas de décès ou d'invalidité, si la garantie est ainsi remise en cause a posteriori.
  • Une procédure pour fausse déclaration intentionnelle, distincte d'une simple erreur ou omission de bonne foi, dont le traitement juridique diffère sensiblement.

Les recours en cas de refus ou de surprime excessive

Face à un refus d'assurance ou une surprime jugée disproportionnée par rapport au risque réel, un second examen médical peut être demandé auprès de l'assureur, généralement instruit par un médecin distinct de celui ayant traité la première demande. Cette voie de recours reste sous-utilisée, alors qu'elle permet parfois de faire réévaluer une décision initiale trop prudente.

En cas d'échec de ce second examen, solliciter plusieurs assureurs via une délégation d'assurance plutôt que de se limiter au contrat groupe de la banque prêteuse élargit sensiblement les chances d'obtenir des conditions plus favorables, chaque assureur appliquant sa propre grille d'analyse du risque.

En résumé, le questionnaire de santé n'a plus le caractère systématique qu'il conservait il y a encore quelques années : l'exonération pour les petits emprunts remboursés avant 60 ans et le droit à l'oubli pour un ancien cancer ou une hépatite C couvrent désormais une part significative des emprunteurs. Pour les autres, une déclaration exacte et, en cas de risque aggravé, le recours à la convention Aeras et à un second examen médical restent les meilleures protections pour accéder à une assurance emprunteur dans des conditions justes.

Questions fréquentes

Qui bénéficie de l'exonération totale de questionnaire de santé ?

Les emprunteurs dont la part assurée individuellement ne dépasse pas 200 000 euros et dont le remboursement du prêt s'achève avant leurs 60 ans, ces deux conditions devant être réunies simultanément.

Le droit à l'oubli concerne-t-il toutes les maladies graves ?

Non, il s'applique spécifiquement aux anciens cancers et à l'hépatite virale C, passé un délai fixé après la fin du protocole thérapeutique et en l'absence de rechute constatée. D'autres pathologies chroniques relèvent d'un traitement différent, via la convention Aeras notamment.

Que risque-t-on en cas de fausse déclaration dans le questionnaire de santé ?

La nullité du contrat d'assurance, l'assureur pouvant refuser toute prise en charge en cas de sinistre lié à l'information omise, ce qui peut laisser l'emprunteur ou ses héritiers seuls responsables du remboursement du prêt restant dû.

Que faire en cas de refus d'assurance emprunteur lié à un risque de santé aggravé ?

Demander un second examen médical auprès de l'assureur, puis, en cas d'échec, solliciter plusieurs assureurs via une délégation d'assurance, chacun appliquant sa propre grille d'analyse du risque, ce qui peut aboutir à des conditions plus favorables.

La convention Aeras garantit-elle l'obtention d'une assurance emprunteur ?

Non, elle organise un parcours d'examen spécifique avec des garanties d'instruction et de motivation en cas de refus, mais elle ne garantit pas automatiquement l'obtention d'une assurance pour tous les profils de risque aggravé.

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