Titres-restaurant en 2026 : plafond journalier, courses alimentaires, validité et télétravail
Plafond de 25 euros par jour, courses alimentaires autorisées jusqu'à fin 2026, droit des télétravailleurs, titres périmés et départ de l'entreprise : les règles des titres-restaurant ont beaucoup bougé. Le point complet pour les utiliser sans rien perdre, et pour les employeurs qui les distribuent.
Une salariée paie son déjeuner avec une carte sans contact au comptoir d'une boulangerie
L'essentiel
- L'employeur finance entre 50 % et 60 % de la valeur du titre-restaurant, sa part étant exonérée de cotisations dans la limite d'un plafond annuel.
- Un titre est dû par jour travaillé incluant un repas, y compris en télétravail, mais pas pendant un arrêt maladie, des congés ou un déplacement remboursé.
- Le plafond d'utilisation est de 25 euros par jour, et tous les produits alimentaires peuvent être achetés jusqu'au 31 décembre 2026.
- Les titres sont valables jusqu'à fin février de l'année suivante ; les titres papier périmés s'échangent auprès de l'employeur dans les quinze jours.
- Les titres acquis restent au salarié après son départ, et le solde d'une carte reste utilisable jusqu'à sa date de validité.
Près de six millions de salariés en France reçoivent des titres-restaurant, selon les estimations de la profession. Pourtant, les règles qui encadrent leur usage restent floues pour beaucoup : où peut-on les utiliser, jusqu'à quel montant par jour, le dimanche, en télétravail, et que deviennent les titres non dépensés en fin d'année ? Ces règles ont changé plusieurs fois depuis 2022, avec un plafond relevé et une dérogation sur les courses alimentaires prolongée jusqu'à fin 2026. Voici l'état des règles, côté salarié comme côté employeur.
Le principe : un avantage partagé entre employeur et salarié
Le titre-restaurant est un moyen de paiement destiné aux repas pris pendant la journée de travail. Son financement est partagé : l'employeur prend en charge entre 50 % et 60 % de la valeur du titre, le salarié payant le reste, généralement par une retenue sur salaire.
Ce n'est pas une obligation légale : l'employeur est libre d'en proposer ou non, mais s'il le fait, il doit en faire bénéficier tous les salariés placés dans une situation comparable, sans discrimination. La part patronale est exonérée de cotisations sociales dans la limite d'un plafond fixé chaque année, d'un peu plus de 7 euros par titre ces dernières années.
| Valeur faciale du titre | Part employeur (50 à 60 %) | Part salarié |
|---|---|---|
| 9 € | 4,50 à 5,40 € | 3,60 à 4,50 € |
| 11 € | 5,50 à 6,60 € | 4,40 à 5,50 € |
| 12 € | 6,00 à 7,20 € | 4,80 à 6,00 € |
Qui y a droit : télétravail, temps partiel, arrêts
Le droit au titre-restaurant est lié à un critère simple : un repas compris dans l'horaire de travail journalier. Un titre par jour travaillé incluant une pause déjeuner, pas davantage.
- Télétravailleurs : ils y ont droit dans les mêmes conditions que les salariés sur site, le télétravail ne pouvant justifier un traitement moins favorable. La Cour de cassation l'a confirmé fin 2024.
- Temps partiel : un titre est dû les jours où l'horaire inclut la pause déjeuner, par exemple une journée de 9 h à 16 h, mais pas une matinée de 8 h à 12 h.
- Arrêt maladie, congés, RTT : pas de titre-restaurant pour les jours non travaillés. C'est une conséquence logique du critère du repas pris pendant le travail ; vos droits à congés pendant l'arrêt suivent, eux, d'autres règles, présentées dans notre article sur les congés payés acquis pendant un arrêt maladie.
- Déplacements professionnels : si l'employeur rembourse déjà le repas en frais professionnels, le titre-restaurant n'est pas dû pour ce jour-là.
Horaires décalés et travail de nuit
Le repas visé n'est pas forcément le déjeuner. Un salarié qui travaille de 14 h à 22 h prend son repas du soir pendant son horaire de travail : il a droit au titre-restaurant dans les mêmes conditions. À l'inverse, une journée continue sans pause repas prévue, comme une matinée courte ou une vacation de quatre heures, n'y ouvre pas droit. En cas de doute, c'est l'organisation réelle des horaires, inscrite au planning, qui fait foi.
Où et combien dépenser chaque jour
Les titres-restaurant sont acceptés par les restaurants, brasseries, boulangeries, traiteurs, commerces de bouche et, sous conditions, par les supermarchés et magasins d'alimentation.
25 € plafond journalier d'utilisation des titres-restaurant, relevé en 2022 et maintenu depuis
Jusqu'au 31 décembre 2026, une dérogation permet de les utiliser pour acheter tous les produits alimentaires, y compris ceux qui ne sont pas directement consommables : pâtes, riz, farine, viande crue, conserves. Les boissons alcoolisées, les produits d'hygiène et les articles non alimentaires restent exclus. Au-delà de cette date, sauf nouvelle prolongation, seuls les produits directement consommables, comme les plats préparés, les sandwichs, les fruits et les produits laitiers, pourront être payés en titres dans les commerces alimentaires.
Dimanches et jours fériés
Par principe, les titres ne peuvent pas être utilisés le dimanche et les jours fériés, sauf décision contraire de l'employeur pour les salariés qui travaillent ces jours-là. En pratique, de nombreuses cartes bloquent les paiements ces jours-là, et les commerçants refusent souvent les titres papier.
Papier, carte ou application : ce qui change
Titres papier
- Le commerçant ne rend pas la monnaie : un titre de 10 euros pour un achat de 8 euros fait perdre la différence.
- Risque de perte ou de vol.
- Format en net recul, de moins en moins accepté.
Carte ou application
- Débit au centime près, sans perte de monnaie.
- Paiement sans contact, solde consultable en temps réel.
- Opposition possible en cas de perte, avec conservation du solde.
Les titres dématérialisés représentent désormais la grande majorité des titres émis, et la fin du format papier est régulièrement évoquée par les pouvoirs publics. Pour le salarié, la carte reste la plus pratique, à condition de vérifier qu'elle est acceptée par ses commerces habituels, car tous les émetteurs ne disposent pas du même réseau.
Validité, titres périmés et départ de l'entreprise
Les titres-restaurant sont valables pendant l'année civile de leur émission, et jusqu'à la fin du mois de février de l'année suivante. Au-delà, ils ne sont plus acceptés par les commerçants.
- Titres papier périmés : ils peuvent être échangés auprès de l'employeur contre des titres valables, dans les quinze jours suivant la fin de la période de validité. Passé ce délai, ils sont perdus.
- Cartes et applications : le solde non utilisé est en général reporté automatiquement ou sur simple demande auprès de l'émetteur ; vérifiez les conditions de votre carte en début d'année.
- Départ de l'entreprise : les titres déjà acquis restent à vous. Les titres papier se conservent, et le solde de la carte reste utilisable jusqu'à sa date de validité, même après la fin du contrat.
Côté employeur : fiscalité et bonnes pratiques
Pour l'employeur, la part patronale est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu pour le salarié, dans la limite du plafond annuel, à condition de respecter la fourchette de 50 à 60 % de la valeur du titre. Une participation hors de cette fourchette, ou au-dessus du plafond, fait perdre l'exonération sur la part concernée.
- Distribuer le bon nombre de titres : un par jour travaillé incluant un repas, en tenant compte des absences du mois précédent.
- Informer clairement les salariés des règles d'utilisation, du plafond journalier et des dates de validité.
- Comparer les émetteurs : commission, réseau d'acceptation, ergonomie de l'application et service client varient sensiblement.
Bien gérés, les titres-restaurant restent l'un des avantages sociaux les plus appréciés : un complément de pouvoir d'achat quotidien, exonéré dans les limites prévues, pour un coût maîtrisé par l'entreprise.
Questions fréquentes
Peut-on cumuler plusieurs titres-restaurant pour un seul repas ?
Oui, dans la limite du plafond journalier de 25 euros. Avec une carte, le paiement est débité au centime près ; avec des titres papier, on peut en utiliser plusieurs pour un même achat, sans rendu de monnaie.
Un stagiaire a-t-il droit aux titres-restaurant ?
Les stagiaires doivent avoir accès aux mêmes avantages que les salariés en matière de restauration, notamment aux titres-restaurant lorsque l'entreprise en distribue, dans les mêmes conditions.
L'employeur peut-il supprimer les titres-restaurant ?
S'ils résultent d'un usage ou d'une décision unilatérale, l'employeur peut y mettre fin en respectant une procédure de dénonciation, avec information des représentants du personnel et un délai de prévenance. S'ils sont prévus par un accord collectif ou le contrat de travail, leur suppression suit les règles propres à ces textes.
Les titres-restaurant sont-ils imposables pour le salarié ?
Non, la part financée par l'employeur n'est pas imposable dans la limite du plafond d'exonération et de la fourchette de 50 à 60 %. Elle n'apparaît donc pas dans le revenu imposable du salarié.